À l’occasion du congrès de la Société Française d’Hématologie en mars 2026Rudy Birsen a présenté les résultats d’une étude de cohorte nationale portant sur le devenir néonatal et pédiatrique des enfants exposés in utero à une hémopathie maligne maternelle.

Cette étude, menée à partir du Système National des Données de Santé, inclut plus de 11 millions de naissances en France entre 2008 et 2023, dont 441 enfants nés de mères diagnostiquées d’une hémopathie maligne pendant la grossesse. Les analyses mettent en évidence un sur-risque de complications néonatales, en particulier un recours plus fréquent aux soins intensifs, des détresses respiratoires et une augmentation de la mortalité néonatale. Ces événements apparaissent principalement liés à la prématurité, qui constitue le facteur majeur de morbidité dans cette population.

En revanche, les résultats ne montrent pas d’augmentation nette du risque à plus long terme, notamment concernant la mortalité infantile, les cancers pédiatriques, les morbidités somatiques majeures ou les indicateurs indirects de troubles du neurodéveloppement. Les analyses en sous-groupes, notamment selon l’exposition à la chimiothérapie pendant la grossesse, ne mettent pas en évidence de signal de sur-risque supplémentaire après ajustement.

Ces données apportent ainsi des éléments populationnels importants pour guider la prise en charge et le conseil aux patientes enceintes atteintes d’une hémopathie maligne, en soulignant l’importance d’une prise en charge spécialisée et d’une réflexion sur la prévention de la prématurité lorsque cela est possible.

Ces résultats seront prochainement publiés dans une revue scientifique internationale.