L’étude, basée sur une publication scientifique de l’équipe en 2023 dans Science Translational Medicine, testera si une forte dose de vitamine B5 peut aider à réduire une anémie sévère chez les patients atteints de syndromes myélodysplasiques porteurs d’une mutation du gène SF3B1.

« Nous voulons voir si nous pouvons réduire le besoin de transfusions et donner aux gens plus d’indépendance dans leur vie quotidienne. Si cela réussit, cela pourrait ouvrir la porte à une option de traitement plus accessible pour les patients qui disposent actuellement de très peu de choix. » explique le Dr Kevin Rouault-Pierre

Ce financement marque une étape importante pour faire avancer les recherches et les traduire en bénéfices concrets pour les patients. Cet essai clinique de phase II recrutera environ 30 patients sur 5 ans en Angleterre, dans les centres de Birmingham, Oxford, Londre, Manchester et en Ecosse.

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Les Enjeux et la recherche de l'équipe

Les syndromes myélodysplasiques (SMD) de bas risque constituent un besoin clinique majeur et persistant. Les patients présentent fréquemment des cytopénies chroniques, souvent transfusion-dépendantes pendant de nombreuses années, avec peu d’options thérapeutiques capables de modifier durablement l’évolution de la maladie. Les approches véritablement fondées sur les mécanismes biologiques restent limitées.

Les SMD sont des maladies de la cellules souches. Un trait biologique central des SMD de bas risque est la forte prévalence (>50 %) de mutations affectant des facteurs essentiels de l’épissage de l’ARN, notamment SF3B1, SRSF2, U2AF1 et ZRSR2. Ces mutations surviennent précocement au cours de l’évolution clonale et façonnent profondément la biologie de la maladie ainsi que ses manifestations cliniques.

Les altérations de l’épissage induisent la production de milliers de transcrits aberrants, soit éliminés par la dégradation médiée par les codons stop prématurés (NMD), soit traduits en protéines tronquées ou dysfonctionnelles. Cette production chronique impose un stress durable sur les voies de contrôle de la qualité de l’ARN et des protéines. Le laboratoire a contribué à la caractérisation de ce paysage pathologique et a récemment démontré que l’épissage aberrant de la coenzyme A synthase (COASY) constitue un déterminant direct de l’érythropoïèse inefficace dans les SMD porteurs de mutations de SF3B1. De manière remarquable, ce défaut est réversible par une intervention métabolique ciblée utilisant la vitamine B5 ou le succinyl-CoA.

Equipe de Kevin Rouault-Pierre : « Intégration du stress dans les cellules souches hématopoïétiques normales et malignes »