*Réaction du greffon contre l’hôte (GVH)

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Comprendre la GVH

La maladie du greffon contre l’hôte (GVH) est une complication fréquente après une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques, aussi appelée allogreffe de moelle osseuse.

Lors de la greffe, les cellules sanguines du patient sont remplacées par celles d’un donneur. Ces cellules du donneur constituent le greffon et permettent de reconstruire un nouveau système immunitaire.

La GVH apparaît lorsque certaines cellules immunitaires du donneur reconnaissent les tissus du patient comme étrangers et les attaquent. Il s’agit donc d’une réaction immunitaire du greffon contre l’organisme du patient.

Il existe deux formes principales :

  • la GVH aiguë, qui survient le plus souvent dans les premiers mois après la greffe ;
  • la GVH chronique, qui peut survenir à tout moment après une greffe, mais qui apparaît souvent plus tard et évolue sur une longue durée.

Le risque de GVH dépend de plusieurs éléments, notamment :

  • le degré de compatibilité entre le donneur et le receveur (basé sur la caractérisation du système HLA)
  • l’âge du patient et du donneur
  • Un donneur féminin chez un receveur masculin 
  • la source des cellules souches (sang, moelle, sang de cordon)
  • certains traitements reçus avant la greffe peuvent contribuer à l’initiation de la GVH par leur toxicité sur les organes.

Même avec une compatibilité optimale, la GVH peut survenir, mais les traitements préventifs permettent d’en réduire le risque.

Le diagnostic repose principalement sur l’évaluation des signes cliniques par l’équipe médicale. En cas d’apparition de symptômes chez les patients, il est impératif de prendre contact avec l’équipe de greffe afin de confirmer ou non le diagnostic et de mettre en place un traitement.

Plusieurs examens peuvent être réalisés :

  • examen clinique
  • analyses sanguines
  • biopsies de certains organes (peau, foie, tube digestif)
  • examens d’imagerie ou fonctionnels selon les symptômes

La GVH peut apparaître à différents moments après la greffe, parfois même plusieurs mois ou années plus tard.

La GVH est liée à une réaction immunitaire des cellules du donneur contre les tissus du patient.

Elle survient lorsque plusieurs conditions sont réunies :

  • le système immunitaire du patient ne peut pas rejeter le greffon (le patient est immunodéprimé);
  • le greffon contient des cellules immunitaires actives ;
  • il existe des différences immunologiques entre le donneur et le receveur.

Les traitements administrés avant la greffe (chimiothérapie ou radiothérapie) peuvent fragiliser les tissus et favoriser cette réaction immunitaire.

Les symptômes varient selon la forme de GVH et les organes atteints.

Au court de la GVH aigue, les organes les plus souvent touchés sont :

  • Peau : rougeurs, éruption, démangeaisons, épaississement de la peau.
  • Tube digestif : diarrhée, douleurs abdominales, nausées ou vomissements.
  • Foie : jaunisse ou anomalies du bilan sanguin.

D’autres symptômes et d’autres atteintes d’organes sont possibles, notamment dans la GVH chronique

  • Sécheresse des yeux ou de la bouche
  • Difficulté à ouvrir la bouche ou douleurs buccales
  • Douleurs ou raideurs articulaires
  • Essoufflement ou toux persistante
  • Troubles digestifs
  • Douleurs musculaires
  • Troubles gynécologiques (douleur, démangeaison, sécheresse)

Les manifestations peuvent être légères et localisées, ou au contraire toucher plusieurs organes et devenir plus sévères.

Traiter la GVH

La prévention et le traitement de la GVH reposent sur des médicaments qui diminuent l’activité du système immunitaire.

Après l’allogreffe, des traitements immunosuppresseurs préventifs sont systématiquement administrés pour réduire le risque de GVH. Leur choix dépend du type de greffe et du profil du patient.

Le traitement dépend de la gravité des symptômes.

Le traitement de première intention repose sur les corticoïdes, qui permettent de réduire la réaction immunitaire.

Chez certains patients, la maladie ne répond pas suffisamment à ce traitement. Dans ce cas, d’autres médicaments immunosuppresseurs ou des traitements ciblés peuvent être proposés.

Le traitement dépend des organes atteints et de la sévérité de la maladie.

  • Formes légères : traitements locaux (crèmes, collyres, bains de bouche, etc.).
  • Formes modérées à sévères : traitement général par corticoïdes, parfois pendant plusieurs mois.

Si la maladie ne répond pas aux corticoïdes, d’autres traitements peuvent être proposés, notamment des thérapies ciblées.

Soins de support

La prise en charge ne se limite pas aux médicaments. Elle inclut également :

  • la prévention et le traitement des infections
  • un suivi nutritionnel adapté
  • la kinésithérapie et l’activité physique
  • un soutien psychologique si nécessaire

Ces soins sont essentiels pour améliorer la qualité de vie des patients.

Nos projets de recherche

Après une allogreffe de cellules souches, la maladie du greffon contre l’hôte aiguë est souvent traitée par des corticoïdes. Pourtant, près d’un patient sur deux ne répond pas suffisamment à ce traitement, ce qui peut entraîner des complications graves.
Dans ce projet, notre équipe a analysé en détail les cellules immunitaires de patients dès l’apparition des premiers symptômes de GVH aiguë. Grâce à des techniques de biologie innovante (analyse de l’expression génique de chaque cellule immunitaire circulante), nous avons montré que les mécanismes de résistance aux corticoïdes était déjà présent dès le début de la maladie, avec une activation particulière de certaines voies inflammatoires et des cellules immunitaires.
Ces résultats ouvrent la voie à une médecine plus personnalisée : à l’avenir, il pourrait être possible d’identifier rapidement les patients à risque et de leur proposer un traitement adapté dès le départ, afin d’améliorer les résultats de la greffe.

Après une allogreffe de cellules souches, certains patients peuvent arrêter tous les traitements immunosuppresseurs sans développer de maladie du greffon contre l’hôte : on parle alors de « tolérance opérationnelle ». Pour comprendre ce phénomène, notre équipe a étudié en détail le système immunitaire de patients greffés, en analysant leurs cellules, leurs gènes exprimés et certaines molécules circulant dans le sang appelés métabolites.

Nos résultats montrent que la tolérance s’accompagne d’un système immunitaire plus « régulé », avec davantage de cellules protectrices et moins d’activation inflammatoire. Cette étude a également mis en évidence le rôle de certaines voies métaboliques, notamment celles liées aux hormones androgènes et à la production d’adénosine, une molécule qui inhibe les réactions immunitaires et pourrait limiter le risque de GVH.

Ces découvertes pourraient, à terme, aider à identifier les patients capables d’arrêter leurs traitements plus tôt et à développer de nouvelles stratégies pour prévenir la GVH. Notre équipe poursuit actuellement ces travaux pour mieux identifier les voies biologiques à l’origine d’une tolérance primaire, caractérisée par une absence totale de GVH mais par une reconstitution immunitaire efficace et une réponse anti-tumorale permettant d’éviter la récidive de la maladie hématologique pré-greffe

40%

environ des patients développent une GVH aiguë après une allogreffe

40%

environ des patients présentent une GVH chronique au cours du suivi après la greffe

50%

des GVH ne répondent pas aux corticoïdes et nécessitent d’autres traitements immunosuppresseurs

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