*La fertilité et la leucémie aiguë

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Comprendre la fertilité

La fertilité est la capacité à concevoir un enfant. Cette capacité dépend de la production des gamètes après la puberté :

Les ovules ou ovocytes chez la femme dans les ovaires. Le « stock » d’ovocytes disponibles diminue tout au long de la vie chez la femme jusqu’à la ménopause.

Les spermatozoïdes dans les testicules chez l’homme, produits tout au long de la vie.

Impact des traitements anti-leucémiques sur la fertilité

Votre médecin vous a annoncé le début d’un traitement par chimiothérapie pour une leucémie aiguë.

Les traitements utilisés pour vous guérir peuvent avoir un effet soit transitoire soit définitif sur votre fertilité.

Dans le cadre de votre prise en charge, une consultation auprès d’un spécialiste de la fertilité vous sera proposée.

Voir fiche « Greffe »

Les traitements considérés à risque d’impact sur la fertilité sont :

Certaines chimiothérapies appelés agents alkylants (cyclohosphamide ou endoxan, busulfan, thiotepa) qui peuvent être utilisées dans les traitements de certaines leucémies aigües (LAL) et avant de recevoir une greffe de cellules souches hématopoïétiques (conditionnement). Plus la dose reçue est élevée plus le risque est important.

La radiothérapie lorsque les organes reproducteurs (ovaires ou testicules) sont irradiés, c’est-à-dire si vous devez recevoir une irradiation corporelle totale dans le conditionnement avant allogreffe de cellules souches hématopoïétiques.

Le traitement à plus haut risque sur la fertilité est le conditionnement avant allogreffe de cellules souches hématopoïétiques dit myélo-ablatif qui contient des doses d’agents alkylants élevés et/ou une irradiation corporelle totale.

Les traitements utilisés dans la leucémie aiguë peuvent avoir un impact sur la
production de gamètes soit :

  • Transitoire : récupération après la fin des traitements de la capacité à produire des gamètes. La reprise de la production des gamètes par les organes reproducteurs peut parfois prendre jusqu’à 2 ans après la fin des traitements.
  • Définitif : perte de la capacité à produire des gamètes, responsable d’une infertilité soit d’une incapacité à concevoir un enfant.

L’impact des traitements sur la fertilité dépend du type de traitement, de la dose reçue et, chez la femme, de l’âge au moment du traitement (plus le traitement est reçu à un âge avancé, plus le risque d’infertilité augmente).
Par ailleurs, la fertilité est variable d’une personne à l’autre. L’impact du traitement peut être plus important chez une personne dont la fertilité est déjà diminué avant le début des traitements.

Préserver la fertilité

Avant de débuter tout traitement par chimiothérapie, il vous sera proposé de réaliser une conservation de spermatozoïdes si vous avez moins de 60 ans (âge maximal fixé par la loi de bioéthique pour la conservation des gamètes).

Le recueil de spermatozoïdes se fait par masturbation :

  •  Dans votre chambre à l’hôpital
  • Au laboratoire de biologie de la reproduction (aussi appelé CECOS).

Plusieurs recueils peuvent être nécessaires pour obtenir un nombre suffisant de spermatozoïdes.
Le sperme est ensuite analysé et les spermatozoïdes sont congelés. Ils peuvent être conservés de nombreuses années.

En cas de projet parental les spermatozoïdes sont décongelés et peuvent être utilisés
pour une insémination ou une fécondation in vitro (FIV) dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation (AMP).

Le recueil de spermatozoïdes n’est pas possible.
En cas de traitement à très haut risque sur la fertilité, il peut être proposé une conservation des cellules souches à l’origine des spermatozoïdes.

Ces cellules souches se trouvent dans le tissus testiculaire dont le prélèvement se fait au bloc opératoire sous anesthésie générale et peut être réalisé après le début des chimiothérapies.

Le tissu testiculaire est ensuite congelé et peut être conservé de nombreuses années.

Cette technique est expérimentale car aucune utilisation du tissu testiculaire en vue de restaurer la fertilité n’a encore été rapportée.

Elle peut être réalisée jusqu’à 43 ans.
Cette technique nécessite une stimulation de l’ovulation par l’injection sous cutanée d’hormones. La stimulation dure 10 à 15 jours.
Ensuite une ponction des ovaires par voie vaginale est réalisée pour recueillir les
ovocytes. Cette ponction est réalisée au bloc opératoire après anesthésie locale ou générale.
Les ovocytes sont ensuite analysés et congelés et peuvent être conservés de nombreuses années.
En cas de projet parental, les ovocytes peuvent être décongelés pour réaliser une fécondation in vitro (FIV) dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation (AMP).

Dans le cadre de la prise en charge de la leucémie aiguë cette technique présente plusieurs limites rendant souvent son utilisation impossible :

  • Elle ne peut pas être réalisée après le début des traitements
  • Elle nécessite donc de retarder le début des traitements d’environ 15 jours, alors que le début du traitement de la leucémie aiguë est urgent
  • Elle nécessite un taux de plaquettes à plus de 50 G/L et l’absence d’anomalie de la coagulation qui sont souvent présentes avant le début du traitement.

Ainsi cette technique n’est souvent pas proposée aux femmes diagnostiquées d’une
leucémie aigüe avant le début du traitement.

La conservation de tissu ovarien est réalisable jusqu’à l’âge de 36 ans. Elle est indiquée en cas de traitement à très haut risque pour la fertilité.
Cela est réalisé au bloc opératoire après anesthésie générale par coelioscopie avec, le plus souvent, le prélèvement d’un ovaire entier (ovariectomie).
L’ovaire est ensuite adresséau laboratoire de biologie de la reproduction et le cortex (partie de l’ovaire qui contient les ovocytes) est congelé sous forme de fragments tissulaires.

En cas de projet parental, une greffe des fragments de cortex congelés peut être réalisée.
Environ 30% des femmes bénéficiant d’une greffe de cortex ovarien auront au moins un enfant.

Cependant dans les cas de leucémie aigüe, l’ovaire qui a été prélevé avant la réalisation de l’ensemble des traitements (souvent avant la greffe) peut contenir des cellules leucémiques résiduelles. Une analyse d’un ou plusieurs fragments de cortex peut être réalisée pour rechercher la présence de cellules leucémiques :

  •  En cas de présence de cellules leucémiques il n’est pas possible actuellement d’utiliser les fragments du fait du risque possible de rechute de la maladie après greffe.
  • En cas de recherche négative de cellules leucémiques, le risque de réintroduire des cellules leucémiques qui n’auraient pas été détectées par les techniques actuelles n’est pas connu. La greffe d’ovaire sera discutée avec vous, vos hématologues et les médecins de biologie de la reproduction.

La seule technique possible est la conservation d’un ovaire en cas de traitement à très haut risque sur la fertilité.

Connaitre l’impact des traitements sur ma fertilité

Un à deux ans après la fin des traitements, vous pouvez être orienté vers une consultation avec un spécialiste de la fertilité à Saint-Louis ou Port-Royal.

Pour les hommes, la fertilité peut être évalué par une prise de sang, la réalisation d’une analyse du sperme (spermogramme).

Pour les femmes, la fertilité peut être évaluée par la reprise des cycles menstruels, une prise de sang, une échographie pelvienne.

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