*Syndrome myélodysplasique (SMD)

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Quelques chiffres

70 ans

est l’âge médian des personnes touchées par les SMD

4000

cas par an sont diagnostiqués environ

30%

des cas peuvent progresser vers une forme plus grave

Comprendre les syndromes myélodysplasiques

Ce sont des maladies affectant la moelle osseuse (qui produit les globules rouges, blancs et les plaquettes) qui n’arrive plus à produire en quantité et en qualité certains types ou l’ensemble des cellules sanguines normales. On parle de cellules dysplasiques.

Les syndromes myélodysplasiques constituent un groupe très hétérogène de maladies et leur évolution est très variable d’un patient à l’autre. Certaines formes restent longtemps stables et peuvent avoir un pronostic comparable à celui de la population générale, sans impact significatif sur l’espérance de vie.

Dans 30% des cas, un SMD peut progresser vers une forme plus grave qui entraîne une production excessive de “blastes” (cellules sanguines immatures) et un déficit sévère des globules rouges, blancs et plaquettes et aboutit à une leucémie aiguë myéloïde (LAM).

Les SMD touchent principalement les personnes âgées (médiane 65-70 ans) et plus souvent les hommes que les femmes. En France, on diagnostique environ 4 000 cas par an.

Les SMD sont considérés comme une forme de cancer du sang.

Prédisposition génétique : plusieurs gènes ont été identifiés, notamment le gène DDX41. La recherche de ce gène peut être proposée dans certaines situations, avec l’accord du patient.

Facteurs environnementaux : chimiothérapie ou radiothérapie pour traiter un précédent cancer, tabagisme (double le risque de développer un SMD), exposition à des radiations ionisantes (notamment chez les professionnels de
santé), certains produits chimiques comme le benzène ou les hydrocarbures aromatiques.

Les causes exactes des SMD restent encore mal connues mais les SMD ne sont pas transmissibles.

Dans un tiers des cas, les SMD ne causent pas de symptômes aux tout premiers stades de la maladie. Ils sont découverts fortuitement lors d’une prise de sang.

Dans les autres cas :

  • Fatigue, pâleur, palpitations et essoufflement (symptôme le plus fréquent) => Signes d’une anémie (Baisse de globules rouges)
  • Fièvre et infections (notamment pulmonaires) => Signes de leucopénie ou neutropénie (Baisse de globules blancs)
  • Saignements (surtout des muqueuses), hématomes => Signes de thrombopénie (Baisse de plaquettes)

Ces signes reflètent une insuffisance médullaire : une insuffisance de la production des globules rouges, globules blancs et plaquettes par la moelle.

Diagnostic

Pour identifier d’éventuelles anomalies (manque de
globules rouges, de globules blancs ou de plaquettes).

Une prise de sang (NFS)

Pour permettre de réaliser des examens :

  • de cytologie (recherche des cellules anormales, notamment les cellules immatures « blastes » et des anomalies morphologiques),
  • de cytogénétique (analyse des chromosomes ou « caryotype »),
  • de biologie moléculaire (détection des mutations génétiques).
  • d’immunophénotypage en cytométrie en flux ou CMF (analyse des types de cellules) dans certains cas.

Une biopsie médullaire (ponction de l’os du bassin) est parfois requise.

Un examen de la moelle osseuse (myélogramme)

Pouvant être réalisés avant de débuter un traitement :

  • Bilan rénal, hépatique, pulmonaire (radiographie thoracique) et cardiaque (électrocardiogramme, échographie).
  • Évaluation gériatrique (selon votre âge ou vos comorbidités)
Des bilans complémentaires

Estimer le risque d'un SMD

Les scores IPSS, IPSS‑R et IPSS‑M sont des outils d’évaluation utilisés pour mieux comprendre votre syndrome myélodysplasique (SMD).
Ils permettent de mesurer :

  • La sévérité de la maladie : est‑elle plutôt douce, modérée ou plus avancée ?
  • La vitesse d’évolution : risque‑t‑elle de rester stable longtemps ou de progresser plus rapidement ?
  • L’adaptation du traitement : transfusions, médicaments, surveillance seule ou traitements plus intensifs.

Ils font office d’indicateurs de santé de la moelle osseuse, comme un tableau de bord qui aide l’équipe médicale à anticiper l’évolution de la maladie et à choisir la prise en charge la plus adaptée.

L’IPSS est le premier système qui a été développé pour estimer le risque d’évolution du SMD. Il donne une vision générale, mais moins précise que les modèles récents.
Il prend en compte trois éléments :

  • Les cellules sanguines (globules rouges, blancs et plaquettes) : leur baisse indique une moelle osseuse en difficulté.
  • Le pourcentage de blastes (cellules immatures) dans la moelle : plus il est élevé, plus le risque d’évolution augmente.
  • Les anomalies chromosomiques : certaines modifications du matériel génétique influencent le pronostic.

Un score simple donnant une idée globale : maladie lente ou potentiellement plus évolutive.

L’IPSS-R améliore la précision du score initial. Il classe les patients dans des catégories plus fines de risque.
Il analyse avec plus de détails :

  • Chaque lignée sanguine séparément : par exemple, un taux de plaquettes très bas n’a pas le même poids qu’une faible anémie.
  • Les anomalies chromosomiques : davantage de groupes sont pris en compte pour affiner le pronostic.
  • Les blastes : légèrement modifiés pour une estimation plus juste.

Une version plus évolué et précise

L’IPSS‑M est aujourd’hui le score le plus complet et le plus personnalisé. Il tient compte des avancées récentes en génétique.
Il intègre :

  • Tous les paramètres de l’IPSS‑R (chaque lignée sanguine séparément, les anomalies chromosomiques, les blastes)
  • L’analyse des mutations génétiques présentes dans les cellules sanguines (plus de 30 gènes étudiés). Les mutations peuvent fortement influencer le comportement du SMD, la réponse aux traitements et la vitesse d’évolution.

Le score le plus précis, permettant une estimation individualisée du risque et une prise de décision beaucoup plus adaptée à chaque patient.

Traitements

Les choix thérapeutiques vont dépendre des résultats des différents examens (nombre de globules rouges, globules blancs, plaquettes, et certaines anomalies génétiques spécifiques et moléculaires) qui permettent de classer les SMD en deux groupes :

La recherche

La recherche sur les SMD conduit régulièrement à proposer de nouveaux traitements. Avant d’être utilisés, les médicaments sont testés pour leur efficacité et l’absence d’effets secondaires graves.
Vous pouvez participer à des essais cliniques, régis par des lois strictes, avec votre consentement écrit et en conservant la possibilité de vous retirer de l’essai à tout moment, sans avoir à fournir de justification.

Le Groupe Francophone des Myélodysplasies (GFM) coordonne les essais cliniques avec des centres spécialisés et l’industrie pharmaceutique, tout en informant les patients des progrès.

GFM

En 2024, des essais ont été réalisés pour associer l’azacitidine à d’autres médicaments, comme le Venetoclax, ou tester des combinaisons pour les SMD de faible risque.

Association de patients

L’association “Connaître et Combattre les Myélodysplasies“ a été fondée en 2006.
Adresse : 127 rue Amelot, 75011, Paris
Téléphone : 06 37 22 79 87 (le Jeudi de 15h à 19h)
Courriel : associationccm@yahoo.fr
Facebook.com.CCM.France

En savoir plus

Fondation abritante et membres fondateurs