Le Professeur Régis Peffault de Latour, coordonnateur de la filière MaRIH, a présenté à l’ASH les résultats d’une étude de phase II prospective internationale de la première évaluation chez l’homme d’un anticorps humanisé dirigé contre la sous unité gamma du récepteur à l’IL-2 dans l’aplasie médullaire sévère.

Cette sous unité appartient au complexe formant le récepteur aux interleukines dépendantes de la chaine commune gamma.

Ainsi, cet anticorps bloque le signal JAK/STAT et donc le développement et l’homéostasie des lymphocytes T et NK. Cet anticorps a montré des résultats intéressants chez la souris, dans un modèle expérimental de primates et dans un modèle murin de GvH avec insuffisance médullaire immuno-médiée.

L’objectif primaire de tolérance a été atteint avec aucune complications graves liées au traitement expérimental. Les complications présentées étaient toutes en relation avec l’aplasie médullaire sous-jacentes.

Les dosages concomitants ont montré une augmentation après injection des cytokine gamma dépendantes (en raison de l’augmentation probable de production et de l’absence de consommation du au blocage par l’anticorps) ainsi qu’une diminution des molécules inflammatoire (IFN gamma) et des molécules effectrices (Granzyme B).

Après une augmentation transitoire, les lymphocytes T CD4 et CD8 étaient diminués ainsi que les cellules NK.

En terme d’efficacité, une seule patiente sur les 17 patients inclus a répondu.

Elle a rechuté 6 mois plus tard et à a nouveau répondu à une 2è injection d’anticorps. A noter que la population de patients avec aplasie médullaire était très sévère avec des patients qui avaient reçu jusqu’à 6 lignes de traitement expliquant le faible taux de réponse.

Ces résultat permette d’espérer pouvoir utiliser cet anticorps à un stade plus précoce du traitement de l’aplasie médullaire voir dans d’autres maladies immuno-médiée comme la maladie du greffon contre l’hôte par exemple.